A la veille des élections de mai 2003, nous avons posé les questions suivantes à plusieurs partis :
"La proposition 527 du MR envisage de "supprimer les discriminations à l'égard des indépendants ayant eu une carrière mixte"
Nous aimerions savoir :
- Pourquoi ces discriminations soit : pourquoi le pensionné indépendant ne peut-il pas bénéficier de sa partie de pension complète pro méritée pour ses activités de travailleur salarié ? Pourquoi ne peut-il obtenir aucune augmentation de ce qu'il perçoit pour cette partie de carrière ?
- Pourquoi un chômeur qui s'installe comme indépendant doit-il être discriminé alors qu'il prend son courage à deux mains pour ne plus dépendre des autres?
- Pourquoi un cadre qui voit une opportunité de reprendre une PME avec les risques que cela comporte et de laisser ainsi sa place à un autre doit-il perdre une grande partie de ses avantages en matière de pension et doit-il prolonger sa carrière d'un minimum de 5 ans et de beaucoup plus s'il est pré pensionné?
- 40% des petites entreprises sont créées par des chômeurs. Pourquoi voulez- vous leur faire subir des conséquences fâcheuses en matière de pension. Est-ce parce qu'ils vous échappent comme assistés sociaux?
- Ne vaut-il pas mieux un indépendant bien protégé qu'un chômeur ou minimexé à vie?
Nous vous serions surtout reconnaissant de nous faire savoir vos raisons de maintenir ces discriminations car elles nous échappent complètement."
- Le PS répond tout à fait à côté de la question.
En effet, il répond que puisque les indépendants cotisent moins, ils ont droit à moins de pension. Tout à fait logique mais c'est justement la partie ou ces indépendants étaient salariés qui n'est pas prise en compte pour les augmentations de pension.
Une chose nous rassure, pour le PS, et contrairement à ce qu'Elio Di Rupo a affirmé à plusieurs reprises à la RTBF, les indépendants sont bien des travailleurs d'autant plus méritant qu'ils prennent des risques.
- Le MR est conscient des problèmes mais ne promet rien à court terme.
- Les Ecolos sont complètement muets.
- Joëlle Milquet, présidente du cdH, répond :
"Je ne puis que partager votre point de vue selon lequel les mesures prises par le Ministre des Pensions n'encourageront que peu de monde à se lancer comme indépendant !
Plus fondamentalement, se pose la question du montant minimum de pension dont bénéficient les indépendants. Même si celui-ci a été relevé, il me semble pas normal que ceux qui ont accompli une carrière professionnelle et cotisé régulièrement en tant qu'indépendant ne reçoivent pas davantage que des personnes qui, ne travaillent pas, n'ont jamais cotisé.
A cet égard, le cdH souhaite améliorer prioritairement la pension de tous les indépendants dans quatre directions :
- nous voulons un relèvement du montant de la pension minimum en vue d'une égalisation progressive avec la pension minimale des salariés car la différence entre les deux pensions minimales reste, malgré les promesses du gouvernement, toujours de 15%;
- nous souhaitons également revoir les critères de carrière complète pour que les indépendants, même s'ils ont accompli une carrière mixte, bénéficient pleinement de la nouvelle mesure visant à supprimer la réduction du montant de la pension en cas d'anticipation;
- enfin, nous proposons de poursuivre l'instauration d'une pension proportionnelle aux revenus. "
Ce qui est incroyable, c'est la formule selon laquelle les " indépendants, même s'ils ont accompli une carrière mixte " doivent pouvoir bénéficier de la même pension que les autres.
On dirait que s'installer à son compte en créant son emploi et celui des autres est considéré comme une tare par les partis traditionnels. Il faut punir ces créateurs d'emplois.
Ceci me rappelle l'histoire d'un délégué syndical montois qui avait décidé de reprendre la fabrique de meubles de son frère décédé et de sauver ainsi une trentaine d'emplois. Ce fut le tollé chez les syndicalistes de la région d'Elio Di Rupo.
Passer de délégué syndical à patron pour sauver l'emploi, quel traître dégueulasse !
Eh oui, les syndicats et Elio Di Rupo ne sont pas là pour créer ou sauver des emplois mais pour s'en prendre à ceux qui le font parce qu'ils n'en créent pas assez malgré les syndicats et le parti socialiste.
Ce qu'il y a de grave, c'est que nous sommes toujours seuls dans notre combat pour la justice en matière de pension.
L'UCM et les autres organisations d'indépendants et patronales gouvernementales ignorent la réalité.
Elles ignorent, ou font semblant d'ignorer, que sur 499.547 pensionnés indépendants, 364.977 sont discriminés parce qu'ils ont une carrière mixte alors que la pension mensuelle moyenne dite nette avant impôt et cotisations sociales en 2001 était de 310,24 € soit 12.515 francs belges !
10 juin 2003