La lettre mensuelle socio-économique de fin juin 2004 est particulièrement intéressante en ce qu’elle contient les recommandations européennes socio-économiques et financières à la Belgique.
Il n’y en a pas moins de 36, en augmentation chaque année, c’est un peu comme les programmes des partis pour le développement des PME : tout est cité pour mémoire et à reprendre pour les recommandations de l’année suivante. Suivent les avis du Conseil Central de l’Economie et du Conseil National du Travail pour faire face au vieillissement de la population.
- Il faut effectuer des études fines (sic)
- Il faut continuer à travailler après 55 ans (action 6 ; & 32104) pour cela :
- A. Il est fondamental que la politique de l’emploi se concentre dans les années à venir sur le maintien au travail de la génération actuelle des 45 à 54 ans (La Palice en aurait dit autant).
- B. Nécessité d’un large débat de société.
- C. Nécessité d’une concertation avec les partenaires sociaux et les organisations syndicales pour :
- relever le taux d’activité et la qualité de l’emploi des + de 50 ans
- améliorer les pensions légales
- démocratiser les pensions complémentaires
- adapter les soins de santé à une population vieillissante
- réduire la dette publique
- augmenter le fond de vieillissement
Le reste est à l’avenant.
Il ne faut pas résoudre les problèmes, il faut bavarder, réaliser des études fines, se concerter avec des gens sans pouvoirs et à l’affût de dispositions démagogiques et électoralistes.
Que viennent faire les divers points repris en C. dans cette problématique si ce n’est faire plaisir à tous les interlocuteurs même les plus incompétents car ils sont les plus nombreux.
Le plus intéressant, c’est l’affirmation qu’il ne faut plus se concerter seulement avec les partenaires sociaux mais également avec les organisations sociales pour décider quoi, qu’elles vont créer de l’emploi et de la richesse ?
Comme d’habitude, on préfère rêver que d’aborder les vrais problèmes. Sans nouveaux emplois, rien ne sera jamais résolu. Pourquoi y a-t-il 300.000 emplois en moins en moyenne en Belgique ou plutôt en Wallonie et à Bruxelles que dans les autres pays de la communauté européenne ? Les chômeurs francophones crient :
- Pourquoi vouloir nous former et nous faire chercher un emploi puisqu’il n’y en a pas assez ?
- Pourquoi vouloir que nous créions notre propre emploi puisque le statut et la pension des indépendants sont moins intéressants que le chômage et le revenu minimum d’insertion surtout pour les chefs de famille et les femmes seules avec enfants et toutes les autres catégories de sans emplois renchérissent ?
Pour améliorer le taux d’emplois créateur de richesse, il faut supprimer les bavardages du Conseil Central de l’Economie et du Conseil du Travail et convaincre le monde économique en le soutenant. A quoi servent les débats, les études fines et les concertations ? On a l’impression de se trouver devant un troupeau d’ânes qui rechignent à travailler alors qu’il faudrait se trouver derrière et le faire avancer à coups de bâton.
La Commission Européenne avait proposé une mesure très valable : admettre des différences de rémunérations entre les secteurs. Elle a été supprimée mais comment payer de la même manière avec les mêmes impôts et les mêmes charges sociales le personnel qui travaille dans des secteurs soumis à une concurrence excessive tant intérieure qu’extérieure comme le textile, l’agriculture et les fabrications en série et dans les secteurs hyper protégés comme le gaz, l’électricité et les services publics. Malgré notre taux de chômage en augmentation et la diminution du nombre d’emplois, 81.913 personnes sont arrivées dans notre pays en 2003 contre 41.897 qui en sont sorties. 33.709 étrangers ont acquis la nationalité belge et seuls 76 belges ont renoncé à la leur. Oui, de véritables mesures doivent être prises mais en disant la vérité dans les médias et en évitant de gouverner à coup de slogans et de promesses démagogiques.
Tout ce que l’on discute actuellement a été réalisé il y a près de 20 ans par les gouvernements de Margaret THATCHER et constaté au congrès de Londres d’EUROPMI les 25, 26 et 27 novembre 1988 (*).
Jean SOLÉ
06.07.2004
(*) " EUROPMI de l’année européenne des PME en 1983 à l’Union Européenne au 1er janvier 1993".