ENSEIGNEMENT, FORMATION ET GRATUITE


Ayant engagé un employé vendeur, je l'ai inscrit pour une formation spécifique avec son accord.

La formation payante a été acquittée par la firme. Elle s'effectuait pendant les heures de bureau à raison de cinq fois deux heures. En fait, j'ai appris plus tard qu'il n'en avait suivi que 3 heures.
Il paraît que cela se produisait dans environ 75 % des cas.

Par contre, les formations ONEM semblent très bien suivies ; si les participants ne viennent pas, ils risquent de perdre leur droit au chômage, mais beaucoup de convoqués par le chômage trouvent des trucs ou des recommandations pour ne pas devoir se présenter, y compris bien sûr les certificats médicaux de complaisance qui sont d'ailleurs dans 90% des cas des faux qui mériteraient la correctionnelle pour les médecins. En effet, de nombreux médecins certifient qu'une personne est malade alors qu'eux-mêmes ne constatent rien et que c'est le client qui les assure ne pas être capable ou ne pas vouloir aller travailler.

La Fédération des Petites et Moyennes Entreprises de Belgique a organisé en mai 2000 une séance d'information gratuite pour les futurs indépendants. Nous avions fixé le nombre d'inscrits à 20 en espérant que quelque 15 à 18 personnes se présenteraient, ce qui était le maximum pour une réunion utile avec questions et réponses. Nous dûmes refuser des inscriptions et pourtant, au jour dit, seules 9 personnes se présentèrent plus une dixième venue sans prévenir. Nous avions dû refuser des inscriptions alors que plus de la moitié des inscrits ne se sont pas présentés sans même s'excuser.
Il apparaît donc clairement que ce qui est gratuit est sans valeur et n'entraîne aucun engagement de celui qui en bénéficie.

Maintenant, les patrons doivent payer chacun une cotisation pour permettre la formation gratuite de leur personnel. Cela représente plusieurs milliards qui bénéficient à beaucoup de personnes mais le personnel payé pour suivre ces formations n'y va en général pas même après s'être inscrit très officiellement. La pratique s'est répandue à un point tel que le centre de formation de la commission paritaire nationale auxiliaire des employés demandera désormais aux patrons de payer 3.000 francs par personne et par jour de formation en cas d'annulation ou en cas d'absence injustifiée.

Une fois de plus, nous nageons dans la sottise. L'employé devrait souhaiter lui-même suivre une formation, la payer lui-même et se la faire rembourser après la réussite de ses examens ou au moins après l'obtention de son certificat de fréquentation complet.
L'employeur paierait alors les heures consacrées à la formation et se les ferait rembourser intégralement par l'ONSS puisque sa cotisation aura servi à cela.

Nous ne soulevons ici que le problème de la formation gratuite des adultes mais c'est dans toute la chaîne depuis les primaires que la gratuité enlève l'intérêt de la formation.
Si les parents paient même une faible somme pour l'enseignement proprement dit quitte à bénéficier d'autres services gratuits comme des repas ou des cours de rattrapage, ou si les élèves doivent travailler même peu pour payer leurs études, il y aurait beaucoup moins d'école buissonnière.


Jean Solé,

4.11.2003