CONCERNE : LA "LIBRE BELGIQUE" du 1er septembre 2004, page 4 "Les chiffres qui accusent"
Il est toujours désagréable d'entendre parler de "relégation vers des filières de piètre réputation".
Est-ce parce qu'elles préparent à des métiers mal aimés ou méprisés ou parce qu'elles sont mal fréquentées ?
Dans les premières hypothèses, force nous est de rappeler que les métiers utiles à la communauté doivent tous être mis en valeur, qu'il n'existe pas de sots métiers mais uniquement de sottes gens.
Dans la troisième hypothèse, il faut admettre que nos gouvernements successifs ne font pas assez pour rendre certaines écoles attractives et bien fréquentées et pour écarter les éléments qui rendent certaines écoles infréquentables et/ou inutiles. L'obligation scolaire jusqu'à 18 ans pour des élèves qui ne supportent déjà plus l'école à l'âge de 13 ans est une stupidité. Il faut permettre de mettre ces jeunes au travail plus tôt ou de les occuper par des sports ou des travaux d'intérêt général.
Il faut aussi tenir compte du déterminisme induit par les parents. Un garagiste aimera que son fils devienne mécanicien, un métallo, un conducteur de bus, un policier et d'autres que leur fils exerce le même métier qu'eux pour prendre leur succession.
Les plus désavantagés sont évidemment ceux dont la mère et pire, le père et la mère sont analphabètes et ne connaissent même pas la langue du pays où ils se trouvent. Il faut aussi tenir compte des mauvais conseils des soi-disant éducateurs.
J'ai encore sous les yeux le cas d'un élève de 1ère primaire qui ne savait pas suivre et dont l'instituteur demandait qu'il retourne en gardienne. A cause d'une expérience malheureuse et stupide précédente, la famille refusa fermement. Sa mère et son frère de 9 ans prirent les choses en main et le firent répéter en l'aidant. Comme l'élève était lui-même très appliqué, il termina son année avec 93 % des points. La famille a enfreint la règle de Jean-Marc Nollet, interdisant de donner du travail postscolaire à des enfants de première et deuxième primaire.
Des statistiques précédentes, il apparaît aussi que des enfants d'enseignants ou de banquiers ne deviennent jamais indépendants. J'en ai connu qui sont devenus des as du travail manuel et qui sont dès lors très bien considérés tandis que d'autres qui ont préféré devenir avocats ou médecins sont devenus péniblement des malheureux incapables parce que leur métier ne les intéressait pas.
Alors, cessons de mépriser certains métiers et veillons à ce que l'Etat sépare le bon grain de l'ivraie pour permettre à tous de s'épanouir dans une carrière qui leur convient et qui mette chacun en valeur.
Jean SOLÉ,
01.09.2004