"Résultats en croissance
Biac, gestionnaire de l'aéroport de Bruxelles-National, a réalisé, en 2005, un chiffre d'affaires de 324,6 millions d'euros, affichant une croissance de 6,9pc par rapport à l'année précédente. L'an dernier, ce sont pas moins de 25 nouvelles liaisons aériennes qui sont venues s'ajouter au réseau de l'aéroport de Zaventem."
En lisant l'article ci-dessus paru dans "La Libre Belgique" des 22 et 23 avril 2006, nous n'avions pas tort en disant qu'il ne fallait pas céder devant les menaces de DHL. (Voir l'article ci-dessous du 27.09.2004)
Chacun sait déjà qu'augmenter le nombre de vols de nuit à Zaventem n'est pas acceptable, pas plus que n'est acceptable le simple fait d'organiser des vols de nuit au-dessus d'une agglomération importante.
Le bruit est encore plus nuisible pour la santé que ne l'est le tabac. A partir d'une certaine exposition régulière, il peut rendre fou et c'est ainsi que des agressés par le bruit en arrivent à de regrettables extrémités comme de blesser et même tuer ceux qui sont à l'origine de bruits intempestifs.
Chacun a droit à un minimum de tranquillité et de respect de son environnement et si des nuisances sont nécessaires, il faut qu'elles touchent le minimum de personnes et que celles-ci soient dédommagées. Seul le déménagement est possible en cas de bruit dépassant 50 décibels de nuit ou de jour car personne ne peut être obligé de fermer en permanence portes et fenêtres, surtout en plein été.
L'argumentation de Biac et de DHL ne tient pas la route :
- Déclarer que c'est pour sauver ou augmenter l'emploi est complètement faux, l'emploi continuera à exister même délocalisé. Il augmentera même en cas de délocalisation car la délocalisation entraînera la création de nouvelles infrastructures.
- Déclarer que la délocalisation de DHL transformerait la ville de Bruxelles en village, outre son outrance, est parfaitement ridicule car Bruxelles existait avant DHL. C'est la fuite des habitants qui ferait du tort à Bruxelles.
- Déclarer que les avions seraient moins remplis donc moins rentables est aussi une erreur, toutes les compagnies aériennes privées sauront s'habituer même si cela pourrait entraîner de légères hausses de tarifs. De toute façon, les colis seront quand même expédiés par les mêmes compagnies aériennes. La situation serait la même pour tout le monde donc pas de risques de concurrence déloyale.
- Que ce soient les petites compagnies aériennes spécialisées qui déménagent est aussi une erreur car ce sont celles qui apportent la plus grande valeur ajoutée. C'est la même chose pour les grandes surfaces commerciales. A chiffre d'affaire égal, elles utilisent 30 % de travailleurs en moins. Elles sont donc une catastrophe pour l'emploi.
- C'est DHL qui doit déménager pour ne pas gâcher la vie de 500.000 habitants tout en les exposant aux accidents et aux attentats qui ont des conséquences bien plus importantes pour les villes que pour les campagnes.
En matière de gestion sérieuse :
Toute entreprise convenablement gérée sait qu'il est bien plus avantageux pour elle de traiter avec plusieurs interlocuteurs qu'avec un seul que ce soit pour ses achats, ses ventes ou, comme ici, pour sauvegarder ou augmenter l'emploi. Il est affolant d'entendre le Gouvernement déclarer vouloir assurer une position encore plus monopolistique pour DHL à Zaventem au détriment d'entreprises plus petites qui ont de bien plus grandes perspectives de développement. Agir ainsi expose le Gouvernement à devoir céder à tous les chantages au fur et à mesure que DHL, seul, augmenterait l'emploi ou le conserverait.
De plus est-il sérieux de la part de Laurette ONKELINX et d'autres, qui ne sont même pas syndicalistes, de parler de chiffres d'emplois surfaits et mensongers. Parler de 12 à 15.000 emplois perdus alors qu'il y en a moins de 5.000 actuellement et que Bert ANCIAUX, lui-même ne parle que de la création de 1.500 emplois si on satisfait aux exigences de DHL. La délocalisation à LEIPZIG ne parle que de la création de moins de 5.000 emplois. De plus il est impossible pour DHL de quitter complètement ZAVENTEM, au cœur de l'Europe Communautaire, mais elle désire éviter les affrontements avec les syndicats en cas de pertes d'emplois même minimes alors elle pousse le bouchon très loin pour rendre ses exigences inadmissibles et imputer l'échec aux autres.
Toutes ces raisons objectives prouvent à suffisance que l'extension de DHL n'a pas sa place à Zaventem. Elle n'augmenterait pas l'emploi global et entraînerait des nuisances inadmissibles pour les riverains alors qu'il faudrait les voir diminuer pour éviter un nomansland pourri autour de l'aéroport et une sérieuse perte de population par la région bruxelloise.
Jean SOLÉ,
président FPMEB
27.09.2004